Jacques Bonemaison Shihan: Bio express

Bonjour, je vous propose de réaliser une mini-interview en répondant vous-même à ces quelques questions. Je vous remercie au nom de la Ligue de bien vouloir vous prêter au jeu en nous accordant quelques minutes. Greg HABERT

 

Comment vous appelez-vous ?

Jacques BONEMAISON

 

Quel est votre grade ?

7ème Dan AÏKIKAÏ

 

Quand avez-vous commencé l’Aïkido ?

Septembre 1969

 

Comment s'appelait votre premier professeur?

Gérard Blaise

 

Quand avez-vous rencontré TAMURA SENSEI?

Janvier 1971

 

Quel est votre premier souvenir notable avec lui?

Un homme petit et mince, une pratique extrêmement dense et très sobre.

 

Avez-vous une anecdote que vous voudriez partager avec nous sur lui ?

A la sortie de son vestiaire après ce premier cours, j’ai vu ce « Maître japonais », cravaté, avec une cigarette aux lèvres. Et le jeune insolent que j’étais lui décroche : « Vous fumez pour un sportif ? ». Sa réponse fut sans détour : « Aïkido, c’est pas sport ». (J’ai mis longtemps pour en saisir la profondeur et ne plus y voir qu’une rhétorique facile ».

 

Comment était l’Aïkido à l’époque, comparativement à aujourd’hui ?

Disons plutôt, ce que j’en voyais.

De l’enthousiasme car on était jeune et un peu fou. Contents de se dépasser physiquement, se « frotter » aux anciens. Bref un Aïkido vivant, aussi après les cours…

Quant à la qualité technique, je trouvais cela génial. Mais l’Aïkido qui était pratiqué… mon regard était trop immature pour estimer juste. Nous n’avions pas de critique, nous avions nos référents et cela suffisait. On fonçait.

 

Avez-vous côtoyé d’autres experts Japonais ?

Bien sûr, nous avions à Paris Maître Chiba une fois par mois (il venait de Londres). Puis Sugano Senseï également 1 fois par mois (il venait de Bruxelles). J’adorais aller chaque année en août en Italie pour le stage de Tada Senseï. Puis les Senseï de passage en France : en premier Yamada Senseï, les Senseï Kanaï, Suganuma, Kobayashi, les « Ténors comme Arikawa Senseï invité plusieurs fois par la ligue IDF, Osawa Senseï (père), Maître Saito invité une semaine en France par la FFAB.

Egalement Me Noro dans son Dojo à Pigalle, avant qu’il n’amorce son virage vers le kinomichi.

Et bien sûr au Japon, au Hombu Dojo avec essentiellement Doshu (Kishomaru puis Moniteru).

 

Pouvez-vous nous en dire plus ?

Je ne voudrais pas abuser

En fait je fais juste partie d’une génération où, lorsque l’on est « mordu », tout maître japonais qui passe, on y court… Sauf si l’on est malade. Mais je n’ai jamais été malade.

 

Comment s'appelle votre Club? Pouvez-vous le présenter brièvement? (Lieux, dates, site...)

Dojo shinkaï.

Les cours ont lieu au stade Charléty, lequel est géré par la PUC (Paris Université Club)

Les cours sont dispensés les lundi et mercredi de 20h30 à 22h et les samedi de 9h à 11h.

NB : en cette période de confinement, seuls ont lieu les cours du samedi et en extérieur.

Exercez-vous ou avez-vous exercé des missions fédérales ou Régionales ?

CEN FFAB, Membre de la Commission Nationale Enseignants et formation des Examinateurs. Membre de la SGDGE. Membre de la Commission Technique Régionale en IDF. Membre du CD de l’ENA.

 

Quelles expériences en avez-vous ou en retirez-vous ?

Très nombreuses, diverses dans le temps mais qui, avec du recul, me permettent de dire que ces actions et leur lot de difficultés rencontrées font intrinsèquement partie de la démarche du pratiquant d’Aïkido.

 

Pouvez-vous nous décrire ce qu'est l'Aïkido pour vous ?

Une Démarche Initiatique dont le Chemin est magnifiquement tracé par le Fondateur, et décrypté pour nous par Tamura Senseï..

 

Comment voyez-vous l'avenir de notre discipline ?

L’avenir est l’enfant du présent. Vivre pleinement le Présent engendre un avenir sein. En vivant pleinement ce moment particulier, l’avenir sera.

Lors du passage d’une tempête, les arbres dont les racines sont profondes sont ceux qui survivent et se retrouvent mêmes renforcés.

 

Avez-vous des souhaits ou propositions pour aider L’Aïkido et la FFAB à pérenniser ?

Les difficultés que l’on rencontre ne sont-elles pas le fruit d’une pratique essentiellement préoccupée par des contingences extérieures, au point de ne plus laisser de place à la recherche de l’ascèse ?

Atteindre l’Aïkido dans ce qu’il referme d’immuable. Voilà, me semble-t-il, ce qui peut permettre d’être en phase avec O’Senseï et Tamura Senseï. Ainsi l’Aïkido se pérennisera, car il contient intrinsèquement les ferments permettant de transcender les différents obstacles déposés sur le chemin de l’histoire.

 

Avez-vous un livre à nous conseiller ?

Principalement, « Nobuyoshi TAMURA Shihan, Son Message, Son Héritage ».

Avez-vous un film à nous conseiller ?

Notamment, Kuroi ame de Imamura Shôhei.

 

Je vous remercie sincèrement. Greg.

Avec plaisir. Jacques.

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