Le AÏ de O’Senseï

10 septembre 2020

Rédigé pour la revue Shumeikan

Jacques Bonemaison Shihan, CEN FFAB 7e dan, a été un élève proche de Tamura Shihan durant tout son cheminement dans l’Aïkido.

Il enseigne à Paris et anime régulièrement des stages en France et à l’étranger. Il est membre de la CSDGE et participe au comité directeur de l’Ecole Nationale d’Aïkido (ENA) qui gère le dojo Shumeïkan.

O’Senseï affirmait que L’Essence de l’Aïkido est « l’Amour divin ».

Comment ressens-tu cette assertion ?

Aussi étonnant que cela puisse paraître à première vue, « Aïkido est Amour ». C’est bien ce que O’Senseï signifiait on ne peut plus clairement. Mais peut-être sommes-nous encore très loin de percevoir l’Aïkido dans la plénitude du Message qu’il contient. Sans doute la tendance est- elle d’évacuer le Message au motif qu’il est difficile à entendre, parce que lier Art martial avec Amour semble pour le moins paradoxal, ou simplement que l’on est soi-même peu réceptif à tout ce qui renvoie au divin ?

Cette notion « Aï - Amour » est pourtant bien au cœur du Message de O’Senseï. Maître Ueshiba n’eut de cesse de revenir sur cette notion

O’Senseï ne laissait pas de place à la dualité

et ce, de manière particulièrement signifiante, en utilisant pour « Aï » l’idéogramme « Amour » plutôt que celui, plus connu, de « rencontre, union » qu’il utilisait pour écrire « Aïkido » ou « Aïki » (et c’est bien ce kakemono « Aï - Amour » que Tamura Senseï plaçait souvent au Kamiza dans son Dojo).

Mais quel message voulait-il faire passer ?

Peut-être chacun reconnaîtra plus aisément le kakemono mis régulièrement au kamiza du dojo Shumeïkan : « ken yu shin sangaï Aïki no michi » (1), kakemono peint par O’Senseï et qu’il expliquait ainsi : « Un monde visible, un monde invisible, le monde des esprits. C’est dans ces trois mondes que transmigrent les êtres sensibles. La raison d’être de l’Aïkido est de faire en sorte que ces trois mondes puissent coexister entre eux. Aïki est la voie de l’Amour et de la joie. La voie de l’Aïki est un monde par-delà les conflits, les guerres, les compétitions et les épreuves de force ».

Qu’entends-tu par « Unité » ?

Le premier pas qu’il importe d’effectuer quand on emprunte le chemin de l’Aïkido, peut-être le plus difficile, est de se dépouiller de cette sempiternelle dualité qui maintient et enracine l’idée de confrontation, se diffuse à travers la pratique, et par là même au public une image de l’Aïkido bien éloignée de son propre Message.

Moriteru Ueshiba, l’actuel Doshu, vient de rappeler tout récemment dans un très beau texte rédigé à l’attention de tous les Aïkidokas du monde entier : « En ce moment, surtout en ce moment, nous devons favoriser l’esprit d’harmonie et ne pas perdre notre sens moral à la peur du virus... Ne perdons pas notre réflexion humaine et notre gentillesse » (2).

Aussi convient-il de noter que ce concept d’Unité ne consiste pas à instaurer directement une harmonie entre soi-même et le partenaire. En effet, si généreuse soit-elle, celle-ci est insuffisamment enracinée et risque de voler en éclat à la suite d’un évènement extérieur qui viendrait contrarier cette construction humaine. Schéma difficile à percevoir il est vrai : il s’agit d’être Uni avec l’Energie Universelle et c’est par ce « canal » que l’harmonie avec le partenaire devient une réalité vécue. Pas de « raccourci » donc en tissant directement entre Tori et Aïte un lien affectif si sympathique et séduisant soit-il, parce que conforme aux bonnes mœurs du moment.

Il s’agit d’une « boucle transcendante » qui passe au travers du cycle d’Energie Universelle qui, que l’on en soit conscient ou non, irradie tout être vivant, et donc bien évidemment le partenaire. Pour y parvenir, la pratique assidue de notre Art, c’est-à-dire « pétrir le corps » comme aimait le rappeler Tamura Senseï, est faite pour ouvrir progressivement l’esprit à cette dimension car, même si notre culture occidentale n’a pas toujours établi de rapport entre corps et esprit, il est clair que le lien entre les deux est bien réel. Et ce « pétrissage » du corps, peu à peu, permet de dépasser la dualité et ouvre la voie à la découverte de l’Unité.

C’est donc bien l’Union avec l’Energie de l’Univers qui permet l’unification de Soi avec l’Autre.

Penses-tu qu’il existe des méthodes qui puissent conduire les pratiquants à développer consciemment ce travail d’unification ?

Je ne sais pas si l’on peut parler de « méthodes ». Je verrais néanmoins trois éléments qui me paraissent essentiels :

1. Il est vain de chercher à imposer

Ceux qui veulent, prennent. Certaines graines mettent parfois du temps à émerger. A chacun son moment. Ce n’est pas une question de niveau, grade ou autre. Le temps est nécessaire, n’est-ce pas, pour bien forger sa lame.

Par ailleurs, je ressens profondément le fait que la transmission s’effectue avec ce qui est intégré en soi, de par ce qui vit en soi, ce qui émerge de soi. Sans cela, même les meilleurs outils pédagogiques demeurent inopérants. Le vrai guide en montagne n’est-il pas celui qui a « un temps d’avance sur le chemin », et vit fortement la montagne en lui ?

2. Sans cesse se remettre en cause, soi-même, et sa propre pratique

Prenons l’exemple de « nage », traduit généralement par « projection ». O’Senseï disait : « Ne faites pas tomber le partenaire, il doit tomber de lui-même. Le faire tomber est déjà un pas vers la compétition ». En effet, le fait de vouloir « faire » tomber le partenaire (comme si « cet exploit » était la conséquence d’une technique réussie), n’indique- t-il pas que l’esprit demeure englué dans la dualité, le geste trahissant un besoin de dominer, expression de l’ego qui engendre inévitablement confrontation puis désordre ? Cette situation est d’autant plus regrettable que le fait de « vouloir faire tomber » implique qu’Aïte demeure toujours en bonne posture ; et donc, malgré les apparences, l’efficacité semble pour le moins douteuse...

Par contre, en travaillant sur soi- même, en se donnant le moyen de « laisser couler l’Energie », Aïte trouve ce qui devient, non plus une « chute » qui renvoie à une notion d’échec, mais l’« ukemi » qui est la forme subtile de la protection du corps. De fait, le lien entre Tori et Aïte ne saurait être rompu, il perdure de mouvements en mouvements et, grâce à cette pratique, se développe de façon naturelle une gamme d’ondulations créatrices. N’est-ce pas ici qu’il faut chercher le fameux Chemin de l’Harmonie Universelle au bout duquel le sens de la Paix finirait par germer ?

3. Peut-être aussi revisiter notre façon de « guider »

Si l’enseignant se met ostensiblement dans le rôle du « sachant », de fait il y a dualité, et les remarques peuvent parfois blesser, humilier même sans intention. Tandis qu’une démarche d’humilité va finalement atteindre le pratiquant dans sa propre humilité. La dualité aura laissé place à l’Unité, et ainsi on peut « avancer ensemble ». C’est peut-être ce que voulait dire Tamura Senseï lors d’un stage CEN à Lyon : « Vous, vous enseignez. Moi je n’enseigne pas, je cherche ».

Durant cette période de confinement, tu as beaucoup pratiqué des exercices de respiration et méditation. Cela a-t-il modifié ton regard sur l’enseignement ?

Sur l’enseignement (je préfère le terme « Art de transmettre »), j’avancerais volontiers l’idée « d’attention profonde », laquelle apparaît comme une attitude incontournable afin que la transmission soit effective.

Prenons simplement l’exemple du mouvement de respiration que Tamura Senseï nous a inculqué (mains accolées, yeux fermés, on descend en soi selon un rythme bien ritualisé). Senseï l’a pratiqué systématiquement pendant ses dix dernières années en insistant sur l’importance. « Ça change tout » disait-il. Nous le pratiquons donc ensemble depuis 20 ans. Ce mouvement est censé être connu, seulement, rien n’est visible de l’extérieur... Seules les explications créent un pont nécessaire à la compréhension. Mais force est de constater que certains pratiquants, bien que gradés, ne parviennent toujours pas à simplement fermer les yeux et ne demandent jamais d’éclaircissements. Ils attendent que les choses se passent...

L’on pourrait maugréer (il m’est arrivé de la faire ...!). Or lors d’un stage récent sur l’île de la Réunion où diverses cultures cohabitent intelligemment, les questions « fusaient »... Alors, j’ai pu prendre conscience que, face aux réalités subtiles ou invisibles, les comportements diffèrent selon les cultures, et dans notre culture occidentale il est très difficile d’avouer n’avoir pas compris. On considère que les questions sont réservées aux enfants car ils ne savent pas. Mais l’adulte, surtout s’il est gradé, ne sera pas enclin à faire montre de son ignorance. Alors c’est à nous enseignants de sentir et (comme exprimé plus haut), dans une démarche d’humilité, d’atteindre l’autre dans son humilité afin que l’ouverture se fasse et qu’un lien de confiance se tisse peu à peu.

Il faut passer par l’ascèse ? Mais est-ce possible de nos jours ?

Il semble que le mot ascèse fasse peur. Pourtant « ascèse » vient du grec « askeo » : exercice qui a une dimension intérieure, qui passe par le corps en vue d’atteindre la perfection. C’est un chemin difficile certes, et de nos jours, il est vrai que la tendance serait plutôt de privilégier la facilité, l’absence d’effort. Or « ce qui est facile n’est pas intéressant » affirmait Senseï, car l’Aïkido ouvre en nous une Porte donnant sur une réalité Merveilleuse, qui est là, mais sans un travail personnel profond, elle ne nous est pas accessible. Comme ce simple caillou qui doit être longuement poli pour qu’il devienne diamant.

Lors de ce dernier stage à l’île de la Réunion, un historien passionné nous expliquait qu’un groupe d’esclaves, arrivant enchaînés sur le bord de l’île et prenant conscience de ce qui les attendait, levèrent les

yeux et, regardant la montagne qui se dresse très abrupte et d’une hauteur à donner le vertige, pensèrent : « Si l’on franchit cette montagne si difficile d’accès, on sera libres ». Belle image qui permet de méditer sur le choix entre facilité et ascèse...

La « rencontre » serait-elle «Amour»?

Il convient de remarquer que cette notion d’Amour insufflée par O’Senseï n’a rien de « fumeux » ou d’inaccessible, encore moins réservée à un groupe d’illuminés.

Indira Gandhi, par exemple, dont la grande sagesse tout comme l’efficacité de sa politique ne sont plus à démontrer, avait déclaré : « Si le pouvoir de l’Amour dépassait l’amour du pouvoir, le monde serait en Paix ». On peut citer d’autres personnes comme cette Maîtresse spirituelle contemporaine de l’Inde, plus précisément de la province du Kerala, qui, bien que hindoue d’origine déclare que sa « seule religion est l’Amour, que nous sommes tous Un et de la même Essence » (il est en outre intéressant de constater que son Enseignement repose sur... la non-dualité).

Il convient donc de reconnaître que toutes les vraies sagesses, bien conduites, aboutissent au même constat. Mais le génie de O’Senseï est de nous avoir donné les clés qui nous permettent, avec la pratique de son Art, de découvrir et intégrer la substance de son Message.

Comment y parvenir... Comment recevoir le Message ?

1. Une nécessaire prise de conscience

Notre pratique est toujours l’expression de notre état mental du moment. Dès lors, travailler notre ouverture de cœur vers cette dimension de non dualité et s’ouvrir progressivement à la perception du Message et sa dimension ne saurait être optionnel, voire reléguer à des lendemains qui seraient incertains.

Cette prise de conscience est à l’image de cet esclave réunionnais qui ne se satisfaisait pas du sort qu’on lui imposait, et réalisa instantanément que la Liberté d’Etre passe par la dure ascension de la montagne. Aujourd’hui dans cette société d’abondance, il s’agit de prendre conscience que l’Aïkido n’est pas à la carte, que la Liberté d’Etre pour un Aïkidoka passe par la réceptivité et le murissement en lui-même du Message.

2. Sortit de la dualité et ouvrir notre cœur

Si le cœur demeure fermé, les idées de refus viennent d’elles-mêmes et ferment la porte à l’émergence du possible. C’est alors que des idées toutes faites avec leur sombre décor de négativité sont accueillies chaleureusement par l’ego qui en fait siennes afin de mieux justifier son impact.

Comprendre pourquoi, l’expliquer, travailler et ressentir que le mouvement émerge de soi et traverse Aïte. Il ne s’agit en aucun cas de « contrer Aïte », ou « gagner sur Aïte ». La première étape est donc de ne pas alimenter la dualité, éviter tout esprit de confrontation. Il s’agit de se placer dans cette ouverture car se positionner dans le refus de ressentir cette Unité fait naître ipso facto la division face à nous-mêmes, à l’environnement humain, à l’autre, à Aïte qui alors n’est plus que « l’Uke de service ».

3. Apprendre à « entrer en soi »

Pour ce faire, il importe d’apprendre à«entrerensoi»,alleràla rencontre de la vie qui existe en soi, aller la découvrir, découvrir qu’avec l’expir-inspir (en clair, le Kokyu) le lien est établi, discret et immuable. C’est cet état immuable qui est et demeure avant que toute confrontation ne naisse. C’est à ce stade qu’il est donné de ressentir qu’entre le moment où Aïte a

l’intention d’attaquer et le moment où il attaque, il y a un espace immense.

4. Ressentir et vivre cet état d’Unité

En pratiquant avec le partenaire, grâce à lui on approfondit l’Unité avec soi-même... Plutôt que d’entrevoir cette notion d’Unité comme une idée lointaine, le fait de la découvrir comme étant une réalité qui coule de source rend le Message de O’Senseï beaucoup plus clair. Car en fait (est-ce la récompense ?), c’est un état de plénitude qui progressivement s’installe et ne laisse plus de place à l’ego (celui-ci apparaissant trop sombre, bloquant, voire carrément désagréable pour soi-même).

Bel exercice ! Difficile mais indispensable : soit on reste en bas de la falaise à la merci des imbroglios fomentés par les humains, soit on grimpe la montagne.

C’est alors que le sens de « Aïkido est Amour » peut être compris ?

Un Doka (3) de O’Senseï paraît à cet égard particulièrement signifiant.

Aïki to wa

                    L’Aïki,

Aï no chikara

                    Se fondant sur la vigueur de l’Amour

Moto ni shite

                    Fait prospérer cet Amour

Aï wa masumasu

                      Et doit le rendre

Sakae yuku beshi.

                      De plus en plus puissant

1. Ce Chemin est long à accomplir

Lors d’un stage CEN au Dojo Shumeïkan, tandis que le temps se montrait plutôt clément, Senseï nous invita à prendre le Jo pour aller pratiquer dans le parc. Après le rituel du Salut, Tamura Senseï, le Jo dans la main, laissa celui-ci doucement se poser sur le sol. Senseï et le Jo offraient une verticalité parfaite d’où se dégageait une osmose dans un silence inhabituel. La nature elle-même semblait se taire... Puis Senseï se mit à parler. Très calme, le visage concentré, il commença à s’exprimer sur « L’Origine des Choses », en évoquant le Kojiki(4). C’est alors que deux d’entre nous se mirent à chuchoter discrètement. Senseï s’arrêta net et dit, tout aussi calmement : « Bon, ça ne vous intéresse pas ». Et il nous fit pratiquer des mouvements de Jo. A la fin du cours, j’exprimais mon regret à un collègue et ami en ces termes : « Dommage que Senseï se soit arrêté de parler ». Réponse de mon ami : « On n’est pas prêts ».

2. Ce Chemin est à accomplir aujourd’hui

Au cours d’une récente émission : « Un nouveau monde à construire », la question existentielle fut posée, non pas à un Aïkidoka, mais à Pierre Rabhi, cet homme plein de sagesse : « Quelle est selon vous la première chose pour élever l’humanité ? ». La réponse fut sans ambages : « Il n’y a pas de changement de société sans changement de l’humain. Et pas de changement de l’humain sans changement de chacun. J’espère que l’Humanité comprendra enfinque la grande mutation sera celle de l’Âme humaine ». Et de préciser sans détour : « L’Amour, cela peut paraître ringard, mais l’Amour est la réelle Energie qui permet de nous transformer » (5).

© Michel Gillet

Doshu, son épouse (à sa gauche), Mme Tamura (à sa droite) au dojo Shumeïkan, avec au Kamiza, le kakemono « Aï - Amour » !

3. Un magnifique exemple de Chemin accompli

A l’heure où se termine cette interview, Madame Tamura entame son Chemin dans le Monde de l’Invisible.

Tandis que les messages affluent de toutes parts, celles et ceux qui l’ont connue retiennent de leur rencontre « son sourire », « sa gentillesse », « son Attention à l’autre », « son Amour pour les gens ».

Un bel hommage entre mille autres indique : « Beaucoup d’Amour et de chaleur envers nous tous.

J’espère que vous sentez aujourd’hui à quel point cet Amour, qu’elle a semé en nous, grandit. Merci du fond du cœur pour toutes ces années d’Amour ».

En aïkidokate accomplie, Madame Tamura vivait l’Aïkido en permanence, sur les tatamis et en dehors.

Permettez de citer une anecdote : tout en écoutant une discussion entre anciens et qui portait sur la question de la progression dans la pratique, elle avait lancé d’une voix douce, avec un petit brin de malice : « Moi, il y a bien longtemps que je ne cherche plus à progresser ».

Madame Tamura était toujours sur les tatamis, et le fait d’avoir su intégrer le Message d’Amour et le vivre lui a permis de toucher le cœur des Aîkidokas.

C’est ce qu’ils retiennent aujourd’hui... On ne peut le nier, ni douter de son efficience : « L’Aïkido est Amour ».

Jacques Bonemaison Shihan, CEN FFAB, 7e dan CSDGE, 7e dan Aïkikaï.

(1) « Ken yu shin sangaï Aïki no michi », Les trois mondes - Cf. explications détaillées revue Shumeïkan n°22.

(2) Message du Doshu du 02 avril 2020, à tous les Aïkidokas du monde entier, à propos du coronavirus.

(3) Les Dokas. Littéralement « Chant de la Voie » sont généralement utilisés par les Grands Maîtres pour diffuser leur Enseignement (ici, le Doka n°4).

(4) Kojiki. Littéralement « Chronique des Choses Anciennes ». Recueil des mythes fondateurs du Japon, écrit en l’an 712, demeure essentiel pour comprendre le lien établi par O’Senseï entre la mythologie shinto et l’émergence de l’Aïkido.

(5) « Un nouveau monde à construire » - Emission « La grande librairie » du 08 avril 2020.

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